SUPERFLY (1972)
Fort du succès de Shaft (1971), qui établit les bases de la « blaxploitation », la très blanche Warner bros. commanda, via le producteur Sig Shore, un produit dans la même veine, sachant qu’une partie de la population serait interpellée, le but caché étant avant tout monétaire. Le modus operandi ? Faire beaucoup avec peu, à commencer par le débutant réalisateur Gordon Parks jr., fils du cinéaste ayant tourné Shaft (Hep !!) Ensuite on engagea des « nobodies » à la distribution (Ron O’Neal, LE superfly, n’ayant que deux films à son actif à cette époque). Quant à l’histoire pensée par Phillip Fenty, on veut faire amende honorable, en donnant une conscience à un trafiquant de drogue noir. On dira ce qu’on voudra, le film Superfly fit dévier le message originel entamé par Shaft un an plus tôt, pour se concentrer sur le sexe, la drogue et la « soul music » (le compositeur Curtis Mansfield fut le seul, avec Sig Shore, à faire du ca$h). Il est vrai que certaines séquences sont rafraichissantes, car tournées à la « va-comme-je-te-pousse », mais l’ensemble, malgré le bon vouloir de tous et toutes (c’est d’ailleurs la première production quasi-entièrement noire, autant devant que derrière la caméra), est pénible aux yeux du public de l’an 2000. La blaxploitaion fut une vague éphémère aux prémisses louables mettant en avant-plan des personnages noirs forts, mais gangrénée par l’argent. Shaft restera LE porte-étendard du mouvement. 2.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
EAST OF EDEN/À L’EST D’ÉDEN (1955)
Je sais, je sais! Je déroge de ma règle. Mais à ma défense, j’avais acheté ce classique il y a de cela un certain temps (trèèès « certain temps », disons !) lors de la vente de feu de mon Videotron du coin et puisqu’on est dans une période creuse de sorties potables (On touche presque le fond, mettons !!!), ben, j’me suis dit : « Ça va être fait ! » Vous êtes surpris que je n’ai pas encore vu un des trois films culte de James Dean ? Ben, si vous saviez, j’vous surprendrais davantage, mais là n’est pas la question. Pis d’toute façon, c’pas d’vos affaires, bon ! Beuh ! Donc, East of Eden est le film qui mit Dean sur la mappe du firmament des icônes intemporelles (avec Monroe, Presley et Bogart. On connait tous la peinture…) par son jeu extraordinairement animal. Plusieurs, à l’époque, ont décrié qu’il copiait Marlon Brando, mais contrairement à ce dernier, James Dean ne jouait pas, il vivait le personnage, le pourquoi que le jeune public se reconnaissait en lui. Il ne faut pas oublier qu’on est à l’âge d’or du cinéma, une période plastique, figée, théâtrale. Dean joue véritablement son âge. Dans East of Eden, il a 24 ans et brûle l’écran. Si ce n’était que ça ! Elia Kazan, cinéaste de renom (On the waterfront ; a Streetcar named Desire ; Last tycoon) tourne plus qu’une carte postale de la Californie, il amène la région sur le terrain glissant de la religion. Avec le roman de John Steinbeck, Kazan torture le public avec la fameuse fable adaptée d’Abel et Cain (remarquez l’allusion des prénoms : Cal = Cain/Aron = Abel. Enfantin, mais souriant), dont le premier (Dean) tente par tous les moyens d’avoir l’amour du paternel, un être droit au singulier nom d’Adam (jouée par Raymond Massey). Si ce n’était que ça ! Le jeune rebelle tombe réciproquement amoureux de la blonde (Julie Harris) de son frère (Richard Davalos) et retrouve sa mère disparue (Jo Van Fleet, gagnante de l’oscar de la meilleure actrice de soutien). Si ce n’est pas un film étoffé, j’me demande ben ce que ça vous prend?! James Dean est tellement investi qu’il contamine son entourage qui se dégèle à son contact. La production sort des standards de l’époque et Kazan le savait en embauchant un jeune mystérieusement inconnu jusqu’alors. Il laisse alors parler la caméra et montre un monstre d’humanité, déchiré, ténébreux, affable, perdu, aimant… Elia Kazan a su, le public aussi et le Temps a scellé l`Histoire (avec le fameux accident d’auto, bien sûr !) East of Eden est un incontournable du 7e. 4/5 min. par François Gauthier cinemascope@deltar.net P.S. : Je tiens à souligner que peu mentionnent le nom du scénariste Paul Osborn. C’est quand même lui qui a adapté le roman de Steinbeck, tsé ! Les années ’50 était une dure époque pour les écrivains (soupir)
CITY SLICKERS/LES APPRENTIS COWBOYS (1991)
Aaahhhh, les glorieuses années du comique Billy Crystal. Au début des années ’90, l’acteur était au « peek » de sa célébrité et nous donnait toujours d’excellentes comédies douces-amères sur les fondements psychologico-ésotériques de l’Homme moyen. Tel un Woody Allen de l’ère « grunge » (quoique Crystal écrivait peu ses scénarios, laissant la tâche à ses potes Lowell Ganz et Babaloo Mandel), son personnage était le témoin soumis du passage du Temps qui finissait toujours par se reprendre en main. City slickers est sûrement, avec When Harry met Sally, le peaufinement concis et achevé de son rôle de prédilection. L’histoire jongle habilement avec les archétypes du genre (western et « bromance ») sans tomber dans les clichés, ni la surenchère. La distribution, bien dirigé par Ron Underwood (Tremors ; Mighty Joe Young ; Heart & souls ; Speechless), se la joue dramatique, malgré les situations parfois rocambolesques. C’est aussi grâce à ce film que le vénérable Jack Palance a enfin pu toucher à la statuette dorée, après plus de quarante années de service. Mais honnêtement, son prix fut plus honorifique que méritoire et on se souvient bien plus encore de ses « push-ups » sur le « stage » des Oscars que de son cowboy bourru. Mais méchant show, HAHAHA !!! City slickers se riait de la crise de la quarantaine avec maitrise et conviction. Délicieuse thèse de fond de tiroir… 3/5 minimum par François Gauthier cinemascope@deltar.net P.S. : J’n’ai pas revisionné le film parce que j’ai 43 ans. Tsé, voyons, ça rien à voir…………………… !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
HARD EIGHT/DOUBLE MISE (1996)
Alors que nous sommes dans un creux cinématographique sur les tablettes (et autres supports technologiques), je me cherche des alternatives. J’ai donc visionné le premier long métrage d’un des meilleurs cinéastes indépendants de ces vingt dernières années, Paul Thomas Anderson. Pourquoi ? « Bicôze » c’était son anniversaire il n’y a pas longtemps et que c’était le dernier qui manquait à ma liste (Il y a pire prétexte dans la vie, non ?!) Hard eight/Sydney (titré du nom du héros principal dans certains pays) est de la graine de maître. L’histoire est simple en apparence (un vieux parieur se cherche un dauphin et lui enseigne les entourloupes du métier), mais démontre une psychologie des personnages beaucoup plus profonde que le synopsis ne le présente. Anderson a su convaincre (et vice-versa) le vétéran Philip Baker Hall de tenir les rênes de son scénario, scénario qui est incisif, concis et intelligent. D’ailleurs, Baker Hall est superbe en mentor impassible plein de remords (j’en n’écris pas plus). Les émotions sortent au compte-goutte !! Quant à son acolyte, le jeune John C. Reilly cherchait encore sa voie et démontrait de belles choses, mais était inconstant dans son jeu (La comédie lui sied mieux depuis !) Hard eight est un exemple parfait de film indépendant divertissant, intelligent et démonstratif (Les méandres de Las Vegas y sont dépeints avec moult détails, ouille aux profiteurs !!!!) Boogie nights (1997) scella l’avenir du réalisateur et la fidélité de ses acteurs (plusieurs comédiens, dont Philip Seymour Hoffman, l’ont suivi un bon bout de temps !) Les premiers pas d’un génie artistique… 3.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
BEVERLY HILLS COP II/LE FLIC DE BEVERLY HILLS 2 (1987)
“Shakedown, breakdown, takedown. Everybody wants into the crowded line. Breakdown, takedown, you’re busted!” HAHAHHAHAHA!!! Voilà le début d’une belle carrière pour les célèbres producteurs Jerry Bruckheimer et feu-Don Simpson qui virent l’illumination en Eddie Murphy (Beverly hills cop) et Tom Cruise (Top gun). Ensuite, en 1987, « everything becomes history ! » Ils font confiance au frère à Ridley Scott, Tony pour les intimes, pour remettre en selle un des personnages fétiches du comique, soit Axel Foley. On est dans les belles années Much music et Scott maitrise la « chanson » ! Il offre au public ce qui allait devenir une référence du blockbuster estival « plus gros, plus fou, plus époustouflant » !!! Devinez maintenant pourquoi Michael Bay à une carrière… ?????!!! Mais grâce à Bruckheimer et ce que Scott a établi (Bad boys, 1er film à Bay, sortit en ’95). Beverly hills cop II peut se targuer de faire partie d’une liste restreinte de suites réussies qui ne prend pas encore le spectateur pour un imbécile. Tout était parfait dans les circonstances : les caméras vives, la distribution enjouée, les chansons entrainantes, l’ambiance « chaude » (la Californie et Brigitte Nielsen. Roooaaarrr !!), l’histoire sensiblement concise, … Eddie Murphy était en feu, sûrement son dernier meilleur film, car l’égo le rattrapa (un Prince à New York suivit et ce fut le début de la fin pour l’acteur, hormis la série Shrek ! Mais c’est un autre dossier…) Si j’ai reregardé BHC2 pour une vingtième fois, c’est pour commémorer l’anniversaire du réalisateur (né le 21 juin 1944) et célébrer l’arrivée de l’été. Quoi de plus circonstanciel ? « Shakedown, breakdown, honey. Just about the time you’re thinkin’ it’s alright. Breakdown, takedown, you’re busted!!!” 3.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net P.S.: Hey ?! J’ai eu du fun en sale à écrire cette rafale, sur fond de nostalgie musicale. Tsé veut dire… ??!! (Placer rire à Eddie Murphy ici).
DEATH WISH/UN JUSTICIER DANS LA VILLE (1974)
Je n’ai jamais compris l’engouement autour de l’acteur atypique Charles Bronson. S’il a eu une carrière, c’est en grande partie grâce à son agent qui a su dénicher les bons coups pendant les années ’60 (soit Magnificent seven, Dirty dozen, Great escape et bien sûr, Once upon a time in the West). Les cinéastes desdites productions ont su exploiter son physique, car niveau talent, désolé de l’écrire, mais Bronson était assez limité. Une présence monocorde qui cherchait à imiter Clint Eastwood. C’est d’ailleurs pourquoi Death wish existe. Le succès de Dirty Harry (1971) et sa suite (Magnum force) a donné des petits opportunistes de moindre qualité, dont Death wish est le porte-étendard. Ce film se voudrait une version moderne du far-West, mais est tellement schématisé (merci au scénariste Wendell Mayes d’avoir adapté au sécateur le roman de Brian Garfield !!!) qu’au final, on assiste à un homme faisant boucherie dans les rues de Chicago. Que Bronson fasse appel au réalisateur Michael Winner était tout naturel, les deux artistes ayant fait le bonheur des studios avec plus de trois productions toutes aussi sanglantes les unes que les autres (the Mechanic, Chato’s land, Stone killer. Par la suite, ils sont revenus avec les suites 2 et 3 de Death wish…) Le plus désolant est de constater le peu d’intérêt au véritable sujet du livre, soit la justice personnelle hors système. Personne ne s’y attarde réellement pendant le tournage, seulement mentionné de temps à autre, mais vite troué par les balles d’un Bronson monolithique. D’ailleurs, ça se voudrait un drame, mais l’acteur surjoue tellement qu’il en est pathétique (l’après-scène de son premier meurtre est presque drôle tant ses mains tremblent ou celle de son agression en pleine rue où il tente d’être apeuré ou en colère ou juste en monter de folie. Ouille, hahahha !!!!!) Je n’avais jamais vu Death wish (et je ne verrai jamais ses suites, Dieu m’en préserve !) et je cherche à comprendre d’où vient le buzz ? Je comprends encore moins le besoin d’un remake, mais il est trop tard pour cela… En gros ? Beuh. 2.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
LES AVENTURES DE RABBI JACOB (1973)
J’ai déjà écrit auparavant que je ne me concentrais que sur des productions plus méconnues. En tout cas, pas des classiques! Est-ce qu’un film de l’acteur français Louis de Funès n’est pas un classique ? Hormis ses premières productions, je dois écrire qu’elles sont toutes des incontournables, même les plus poches, à cause de de Funès (évidemment !) Donc, je transgresse ma règle, nah !! Ce weekend, j’me suis gâté : j’ai acheté un coffret DVD de quatre de ses films (le Gendarme de St-Tropez, la Folie des grandeurs, Oscar et Rabbi Jacob). En ses temps printaniers super héroïques, les studios ne se garochent pas aux portes des sorties DVD/salle et ça m’a donné un moment pour relaxer en bonnes compagnies. Louis de Funès est, dans mon livre à moi, un des meilleurs comédiens comiques du 7e, toutes cultures confondues et les Aventures de Rabbi Jacob, un de ses films les plus notoires. La force de l’acteur était qu’il parvenait toujours à nous faire apprécier ses personnages narcissiques, obtus, déplacés, car il les rendait sympathiques malgré tout. C’était le dindon de la farce par excellence. Dans Rabbi Jacob, l’histoire de Gérard Oury (aussi réalisateur), Danièle Thompson et Josy Eisenberg montre un raciste qui changera de camp, non sans quelques péripéties de haut vol (l’usine à gomme balloune ; la danse juive ; la poursuite à motos ; l’interrogatoire des douaniers ; …). Qu’on aime ou non Louis de Funès, il n’avait pas peur du ridicule et savait se mouiller pour le plaisir coupable du spectateur vendu. Les Aventures de Rabbi Jacob aborde des questions pointues (religion, terrorisme ; sexualité) et parvient à tout mélanger en une comédie accessible et drôle. Mais j’admets que je suis « fafan » du comédien. Le voir faire ses simagrées tout en restant dans les limites de la crédibilité, c’est l’œuvre d’un génie comique indiscutable. J’aurais pu regarder n’importe quel film ayant été tourné entre 1963 et 1980, il m’aurait été difficile de me tromper. Les Aventures de Rabbi Jacob, une production PAS méconnue ! 4/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net P.S. : J’viens de regarder Oscar. Rien à voir avec la version à Stallone… Louis de Funès est un Grand et le sera ad vitam aeternam!!!!!!!!!!
THE SENTINEL/LA SENTINELLE DES MAUDITS (1977)
Voici mon excuse : c’était la fête à l’acteur Christopher Walken dernièrement (31 mars) et je me cherchais un film à regarder. Pourquoi pas un de ses premiers, diantre ? J’ai donc commencé par the Deer hunter (un classique que j’avais déjà vu et que je ne commenterai pas, car j’ai déjà mentionné que je me concentrais sur de plus méconnues productions) puis the Sentinel. De plus, aahh coïncidence !, il fut tourné par Michael Winner, un réalisateur en vogue dans les années ’70, dont son plus grand succès fut réadapté dernièrement (Death wish, d’Eli Roth avec Willis). De surcroit (Hey ?! J’m’en cherche-tu des excuses, moi-là ?!), la distribution était plus qu’alléchante : Chris Sarandon, Cristina Raines, Burgess Meredith, Ava Gardner, Martin Balsam, John Carradine, José Ferrer, Arthur Kennedy, Sylvia Miles, Eli Wallach, Jerry Orbach et les jeunots Beverly D’Angelo, Jeff Goldblum et Walken. N’est-ce pas aguichant, non mais quand même, tsé… ?! (……………………………..) EUUURKKK !!! Quelle déception. Ça se voulait un film d’horreur, mais ça sent l’opportunisme à plein nez, car la mode de l’époque était à la religion et à la conspiration (Exorcist, the Omen et Rosemary’s baby sont les plus plagiés dans cette chose) et la majorité de la distribution s’y trouvant voulait un semblant de visibilité à cause de Winner qui pognait (Yavait quand même tourné the Mechanic, Scorpio et Death wish juste avant et le public en redemandait !) RE-EURRRKKK !!!! The Sentinel n’a absolument aucun rythme ; il n’y a pas de réelle ligne directrice avant le punch final ; les vieux acteurs sont des prête-noms et ne font que passer ; la musique de Gil Mellé est terriblement appuyée, agressante et inappropriée (mais ça va sûrement de connivence avec son nom, j’imagine ??!!) et le rôle principale (Raines) n’a aucun charisme à l’écran, sauf une beauté plastique correcte pour l’époque. Seuls les maquillages finaux et la révélation concluante sont bien, mais ça fait un 90 minutes longs en taba**** à subir pour quelques secondes de plaisir. Avec ce résultat, c’est quasiment un miracle si Christopher Walken et Jeff Goldblum ont réussi à faire carrière par la suite… J’espère qu’ils ont grassement payé leur agent respectif pour leur avoir sauver les fesses de cette affaire-là. À NE PAS REGARDER. 2/5 MAXIMUM par François Gauthier cinemascope@deltar.net P.S. : RE-RE-EUUUURRRKKKKKK !!!!!!!!!!!!!!!!!
THE PASSENGER/PROFESSION: REPORTER (1975)
Ce film est la réponse directe d’Antonioni à Bertolucci et son Tango à Paris. Comme quoi, une saine rivalité entre maestros peut aussi donner de bons résultats. Personnellement, je ne fus jamais un fan du cinéaste Michelangelo Antonioni (ma première expérience fut Blow up lors d’un cours de cinéma au cégep, il y a de cela 25 ans. YYyyiiiissshhh, j’n’étais pas encore prêt, mettons !!), mais je dois avouer que cette troisième tentative « anglaise » en est une des plus accessibles (le réalisateur italien n’a réalisé que deux autres productions étrangères à sa langue, soit Zabriskie point et Blow up. Re-yish !!). De plus, voir évoluer Jack Nicholson dans un rôle très, écrivons, introverti, prouve qu’il a plus d’une corde à son arc (Mais ça, j’m’en fous ! J’suis vendu à l’acteur, donc… !!!) Profession : reporter est un film d’auteur abordable à tous/toutes où la caméra du cinéaste peinture aussi bien la nature humaine que naturelle. Par contre, Antonioni a toujours (et encore ici) eu un certain problème avec le montage, ne sachant séparer le moment passé du présent (les neurones doivent travailler un peu) et le déroulement du récit peut être ardu par instants. Mais d’un autre côté, il fait confiance à l’intelligence de son public et, en soi, il a raison de le faire (en tout cas ici), car cette histoire de changement de « vie » est plutôt simple à suivre (ledit reporter usurpe la vie d’un trafiquant d’armes pour tenter de se sauver de la sienne. Bravo champion !) Car la morale du récit est qu’on n’échappe pas à son destin (mettons !?!) De toute façon, le but avoué d’Antonioni était de tourner un récit où l’Homme et la Femme n’ont de contrainte que celles qu’ils se mettent. Encore une fois, c’est l’homme qui paie………………. PPfffff !!!! M**dite analogie à l’Ancien testament. Mais si vous êtes prêt à vous laisser bercer par de magnifiques images et de longs plans séquences superbement chorégraphiées (la finale est magistrale !!!!!!!!!!!!), le film en soi est plaisant à regarder. 4/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
THE LAST DETAIL/LA DERNIÈRE CORVÉE (1973)
N’est-ce pas incroyable de constater, après toutes ces années, qu’il peut encore y avoir des surprises qui se présente à moi ?! Pour une raison plus ou moins évidente, j’ai décidé de visionner une production bien de son temps (Ah oui ? Vraiment ?!) mettant en vedette un de mes acteurs fétiches. Un film que je n’avais encore jamais vu auparavant. Diantre, réparons cette injustice ! Donc, parce qu’une production écrite par l’auteur Darryl Ponicsan sort bientôt sur les tablettes (Last flag flying, de Richard Linklater avec Steve Carell, Laurence Fishburne et Bryan Cranston), j’ai remis les pendules à l’heure concernant Jack « the man » Nicholson (remarquez, le ténébreux acteur a plus d’une soixantaine de films à son actif et la première partie de sa carrière servit surtout à payer le loyer. D’obscurs films que je n’ai point vu!!!! À un moment donné, on choisit ses combats, vrai ?!) Alors, me voilà à regarder les tribulations de deux « marines » escortant un jeune délinquant vers la prison militaire, mais en cours de route, se prenant d’affection et voulant alléger l’injustice, lui font découvrir la Vie. The Last detail est une « dramédie » même pas dans la plus pure tradition, car le scénario de Robert Towne (ni plus, ni moins ! Hey, ya écrit Bonnie & Clyde, Chinatown, Parallax view, Greystoke, Frantic, Tequila sunrise, Two jakes, the Firm, Mission: impossible, et bien plus ! Tsé, comprenez…) se veut politiquement incorrect et écorche le système avec humour et cynisme. Sans compter que la réalisation d’Hal Ashby (Harold and Maude , Coming home, Being there, Shampoo) laisse beaucoup de place à ses comédiens principaux, qui le lui rendent bien, rehaussant le naturalisme des textes de Towne. La chimie entre Nicholson, Otis Young et un maigrichon Randy Quaid est communicative, plusieurs séquences semblant être à la limite de l’improvisation. Mais personnellement, mon attention était très portée vers Jack qui est littéralement en feu ici, dessinant son mythe vers le haut (Chinatown, l’année suivante, scella la gloire !) Une sorte de « bro-médie » (genre frères de sang léger, voyez ?! J’aimais l’amalgame. Quoi ? En tout cas…) avant son temps qui s’attarde sur les relations machistes. En cette période trouble que nous vivons, où une chasse aux sorcières virale bat son plein dans notre société bien-pensante, the Last detail m’a ramené sur le plancher des vaches avec intelligence et doigté. C’est drôle, c’est touchant, c’est poignant, c’est actuel (enfin, j’espère ??!!?!) 4/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
THE BEST OF TIMES (1986)
Voulant être concept avec le weekend du 52e Super Bowl, je tournai mon choix sur une production mettant en vedette le football américain. Mouais, ben, le nombre de films que je n’ai pas vu sur le sujet est grand. Que choisir ? J’arrêtai donc mes recherches sur une comédie, car la plupart du temps, les films sur le football sont assez sérieux merci et ne voulant pas me casser la tête, j’ai considéré le duo Robin Williams/Kurt Russell. Ouf ! The Best of times fait bien sa période, le type de comédie où le rythme défaillant est généralement sauvé par la distribution. Mais ce qui m’a impressionné du film de Roger Spottiswoode (Under fire, Shoot to kill, Tomorrow never dies, Shake hands with the devil) est son scénario plus profond que l’époque nous habituait. Certes, les quiproquos datent, mais les textes de Ron Shelton ratissent plus larges que le thème sportif. On s’attarde à un homme brisé (cabotin Williams) qui veut effacer la honte sur la ville, tout en tentant de regagner le cœur de sa femme. Pour se faire, il reforme l’équipe perdante d’il y a dix ans en recrutant LE quart arrière (plastique Russell) qui, lui, veut voir vers l’avenir tout en tentant lui aussi de regagner le cœur de sa douce. Ça fait convenu, j’admets, mais les acteurs sont tellement convaincus que c’en devient contagieux. Si vous aviez à choisir un film sur le football, j’avoue que je ne vous conseillerais pas the Best of times, même si vous vouliez quelque chose de léger. Mais la comédie est correcte… Pour son temps ! Bah, c’est oubliable. 2.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
IN THE HEAT OF THE NIGHT/DANS LA CHALEUR DE LA NUIT (1967)
1967 fut une merveilleuse année cinématographique et c’est In the heat of the night qui en est sorti le grand gagnant (cing Academy awards, dont meilleur film, meilleur acteur pour Rod Steiger et meilleur scénario). Pourtant, ce ne sont pas des « pichous » qu’il a cotoyés (Guess who’s coming to dinner?; Bonnie & Clyde, the Graduate; Dirty dozen; In cold blood; Jungle book; Casino royale; Far from the madding crowd; Camelot; Millie; Doctor Dolittle; Cold hand Luke). Tous des films qui ont, pour la plupart, passé l’épreuve du temps. Encore aujourd’hui, le film de Norman Jewison (Thomas Crown affair; Fiddler on the roof; …And justice for all; Moonstruck; F.I.S.T.; Jesus Christ superstar; Hurricane; Cincinnati kid) est d’une déconcertante actualité, où les tensions raciales et religieuses n’ont pris qu’une autre couleur. Mais In the heat of the night a fait sa petite révolution à l’époque, alors que l’hégémonie sudiste en prenait pour son rhume avec l’arrivée d’un policier noir plus tenace qu’elle. D’ailleurs, Sidney Poitier scellait son image iconique de porte-étendard des minorités avec une performance que l’Académie s’est vue frileuse de récompenser (Je crois que Poitier supplante Steiger haut la main. Mais sans rien enlever au rondouillet comédien, leur duo a élevé d’un cran le fameux archétype du « buddy movie » et leur performance a servi à bon escient pour les générations suivantes!) Si on se transpose à l’époque, Dans la chaleur de la nuit prouvait que le 7e art était encore capable de lancer des messages clairs et intelligents à un public en pleine ébullition intellectuelle, tout en gardant cette touche magique comment transporter le spectateur dans une enquête sans lui enfoncer la morale en pleine gorge. Le travail de Jewison et du scénariste Stirling Silliphant fut chorégraphié au quart de tour, montant en sourdine la tension palpable de la populace locale envers un étranger pour la culminer en une finale toute hollywoodienne, certes, mais oh combien réussie! Peut-être que certains trouveront que le film manque de rythme, mais justement, c’est la langueur, la lourdeur, la minutie des mots et des performances que Jewison a priorisé pour garder son public en haleine. Nul besoin d’un montage épileptique pour capter l’esprit, seulement faire confiance au spectateur. Ces artistes ont compris et nous flattent encore aujourd’hui le p’tit égo. Un classique coup de poing! 4/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
THE BEGUILED/LES PROIES (1971)
J’aime bien le titre traduit, tout comme le film en entier d’ailleurs, d’une subversion latente, comme la sexualité étouffée planant dans cette école de jeunes filles. Le plus intéressant est le parti pris du romancier Thomas Cullinan (adapté par Albert Maltz et Irene Kamp) qui met l’action dans le camp des Confédérés (les Sudistes, si vous préférez) alors qu’arrive un loup « yankee » blessé (Clint Eastwood) qui cherche à survivre coûte que coûte en se jouant des brebis pas tant naïves au final. The Beguiled est le film préféré du cinéaste Don Siegel et pourtant, il en a tourné des très intéressants : Dirty Harry, Escape from Alcatraz, the Shootist, le premier Body snatchers, the Killers, Two mules for sister Sara, Charley Varrick, etc… Pourquoi celui-ci? Je suppose parce que le récit sortait de ses thèmes de prédilection et parce que cela nous montrait que rien n’est tout noir, ni tout blanc. Clint Eastwood, avec qui le réalisateur a tourné plus de cinq productions, étonne dans la peau du Nordiste manipulateur qui tire les ficelles du jeu avec minutie. Bien entendu, l’acteur avait le profil parfait, car il ne fut jamais reconnu comme un grand talent et son stoïcisme sied bien au rôle. On assiste à un « loup dans une bergerie dont les agneaux ont faim »!!! Par contre, côté prise de vues, Siegel manquait de clarté, de fini et on regarde un « docudrame » à la Blair witch avant le temps, mais n’aidant guère au développement de l’histoire. Mais si on fait fi de certains détails techniques, the Beguiled est un excellent thriller freudien où les filles cherchent plus qu’un père, mettons!!!?!?? Tordu et minutieux. 3/5 min. par François Gauthier cinemascope@deltar.net
DON’T LOOK NOW/NE VOUS RETOURNEZ PAS (1973)
Un vendredi 13, quoi de mieux qu’un film d’horreur pour se faire une p’tite frayeur et je n’ai donc pas regardé les films Vendredi 13. J’viens d’écrire que je voulais ch**r dans mes culottes, pas m’ennuyer!!!! Tsé , franchement….. Je me suis donc mis à la recherche d’une production digne de ce nom qui 1- Je n’avais jamais vu et 2- Faisait partie des films à voir dans le genre. Après quelques lectures de synopsis, mon choix s’arrêta sur Don’t look now, une production qui fait la fierté des « British », les critiques anglais (d’Angleterre, tsé!) le mettant meilleur film d’horreur de leur pays. Mouais!!!!!!!!!! Tout dans la tête, rien dans les tripes. J’ai peiné à le terminer… Non pas que la réalisation de Nicolas Roeg (the Man who fell to Earth; the Witches; Walkabout) soit dénué d’intérêt. Il a tourné de belles images symboliques qui, artistiquement, excitent le cerveau, mais laissent froid. Donald Sutherland et Julie Christie, en parents endeuillés, sont excellents (leur scène de baise est assez torride et explicite. Aaahhh!! Les années folles…) et la photographie d’Anthony Richmond présente Venise, la ville de l’amour, sous un jour nouveau, plus inquiétante. Mais c’était trop cérébral pour un vendredi 13! Un enfant noyé revenant des morts pour avertir ses parents via une vieille voyante aveugle, alors qu’une naine meurtrière sévit à Venise, désolé, mais ça ne m’a pas excité le poil des jambes. Faut dire que le montage de Roeg est plutôt lent, que la musique de Pino Donnagio est souvent inappropriée et qu’à l’époque, ils n’avaient encore rien vu de vraiment effrayant (the Exorcist a changé la donne un an plus tard, croyez-moi!!!) Résultat? C’est fait et « I don’t look back! EVER!!! » 3/5 max. par François Gauthier cinemascoper@deltar.net
TO KILL A MOCKINGBIRD/DU SILENCE ET DES OMBRES… (1962)
1962 fut une année qui marqua d’un sceau d’excellence le cinéma américain. Le nombre de productions de qualité qui a traversé l’épreuve du temps est quand même impressionnant. Lawrence of Arabia, the Longest day, Mutiny on the Bounty, the Miracle worker, What ever happened to Baby Jane?, Long day’s journey into night, the Manchurian candidate, Lolita, Divorzio all’italiana et bien entendu le sujet de cette rafale. Quel superbe film en noir et blanc toujours d’actualité sur le racisme et ses préjudices. Gregory Peck en avocat compréhensif dans une région sudiste pendant la Grande dépression est tout simplement prenant, tout en retenue, peut-être un peu « coincé » (le changement de type de jeu se faisant à cette période, Peck était de la vieille garde, alors que des Marlon Brando et autres James Dean émergeaient!), mais il faut se transposer à cette époque et l’acteur oscarisé pour ce rôle était parfait. Tout comme la jeune distribution qui n’a jamais percé par la suite. Des enfants d’une déconcertant naturel et d’une naïveté contagieuse. Basé sur le roman de l’auteure primée Harper Lee (Pulitzer pour cette œuvre), on suit le « day-to-day » de la famille de l’avocat défendant un Noir injustement accusé de viol. To kill a mockingbird fait plutôt théâtral dans sa facture visuelle, mais la photographie de Russell Harlan et la scénographie de l’équipe d’Alexander Golitzen permettent d’apprécier du théâtre filmé au sujet d’une grande portée. J’admets que le travail du cinéaste Robert Mulligan (Love with the proper stranger; Inside Daisy Clover; Same time, next year), dans la portion de justice, manque de tonus, mais il faut aussi se dire qu’on a depuis connu beaucoup mieux fignolé dans le domaine (même si 12 angry men reste une référence et qu’il soit sorti cinq ans auparavant, donc 1957!!!) Mais Du silence et des ombres… reste un classique du genre, dans la plus pure tradition académique. Un peu lent, mais prenant! P.S. : L’acteur Robert Duvall fait sa première apparition au grand écran dans ce film. J’vous laisse le plaisir de le découvrir… 4/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
AGUIRRE, DER ZORN GOTTES/AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU (1972)
On parle souvent des collaborations amicales entre un cinéaste et un acteur. La première référence qui vient en tête est évidemment celle entre Martin Scorsese et Robert De Niro (puis celle avec Leonardo DiCaprio). Pour les plus cinéphiles, il y eut l’incontournable entre John Ford et le plus grand que nature John Wayne ou celle entre le maitre du suspense Alfred Hitchcock et deux grands, James Stewart et Cary Grant (ce dernier fut le seul acteur que le célèbre cinéaste a publiquement apprécié). J’pourrais en nommer d’autres, mais aucune ne fut aussi tourmentée, enlevée, difficile que celle entre Werner Herzog et l’indomptable Klaus Kinski. Cinq productions, cinq chefs-d’œuvre, mais à quel prix? Aguirre fut leur premier travail au grand écran (ils se connaissaient déjà pour avoir partagé et saccagé un appartement ensemble) et quel travail. Tout simplement incroyable! Il faut se repositionner en 1972. Herzog et son équipe tournent un film sur la quête espagnole de l’Eldorado en XVIe siècle et si ce n’était des caméras, je pourrais écrire qu’ils l’ont vraiment vécu, le périple. Intense, périlleux, magnifique. Juste la séquence des radeaux sur la rivière est une dangereuse expédition que tous prirent au sérieux. Kinski est investi. Son regard est malade (car tous savent qu’il l’était pas mal un peu, de toute façon!??!) Il vit le rôle et Herzog le sait que trop bien, sa caméra ne le lâchant pas d’une semelle. J’ai eu une épiphanie en regardant Aguirre (librement inspiré d’une histoire vraie) : c’est Apocalypse now avant Apocalypse now! D’ailleurs, Coppola a toujours dit que le film du cinéaste allemand fut une inspiration. Pourquoi ai-je pris autant de temps pour le visionner, allez savoir?! Avec Aguirre, ce n’est pas la destination qui compte, mais le voyage (même si les conquistadors ont trimé inutilement dur pour trouver la cité d’or!!! Une bien maigre consolation pour les esclaves amérindiens et encore, les Hispaniques leur ont fait voir de toutes les couleurs…) À vivre (par procuration) au moins une fois dans sa vie! Prenant. 4.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
THE ANDROMEDA STRAIN/LE MYSTÈRE ANDROMÈDE (1971)
Voici le premier pas cinématographique d’une carrière qui fut des plus prolifiques pour feu-Michael Crichton. Ayant écrit trois romans sous des pseudonymes précédant the Andromeda strain, ce techno-thriller est le premier sous son vrai nom et quelle œuvre! Le film, évidemment (car je n’ai pas lu le roman qui devait sûrement être très intense si je me fie au visionnement). Parlez-moi d’une histoire concise, précise, lente, tenante, haletante (adaptée par Nelson Gidding)! Une invasion épidémique en deux temps où flashbacks entrecroisent présent qui tient le spectateur sur le qui-vive. Et ce n’est même pas un film d’action! Le cinéaste d’expérience Robert Wise (the Day the Earth stood still; West side story; the Sound of music; Star trek the movie; the Sand pebbles; the Haunting; the Hindenburg… Hey?! C’pas un deux pique, hein???!!) prend le temps de placer les protagonistes (Arthur Hill, David Wayne, James Olson, Kate Reid) et de bien les diriger. Une distribution en symbiose, les acteurs principaux n’ayant jamais réellement eu de carrière décente. Un moment de grâce filmé! Vous connaissez sûrement le bibliographie de Crichton et savez ce dont il est capable (Jurassic park; Sphere; Disclosure; the Great train robbery)? Eh bien, Wise et Gidding restent probablement très près du roman et résistent à l’envie d’en faire une conspiration interplanétaire. Ils restent concentrés sur le noyau central et sur la menace grandissante d’un extraterrestre moléculaire. Personnellement, ça m’a changé des films à gros déploiement qui cèdent au montage épileptique et aux scènes d’action pétaradantes. Cette production se veut ancrée dans une réalité très vivace où le pouvoir de quelques-uns peut avoir droit de vie sur la multitude. Un lent travail introspectif sur des hommes et des femmes qui réfléchissent avant tout!!! Cérébral et fier de l’être. Une agréable surprise! 4/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
GOING IN STYLE/BRAQUAGE À L’ANCIENNE (2017 – 1979)
Ya des claques derrière des têtes de scénaristes qui se perdent! Hollywood est si mal en point pour tourner des « remakes » de films obscurs à la sauce contemporaine? Les seuls points positifs de l’expérience Going in style sont les suivants : 1- Ça m’a permis de voir ledit film obscur (de Martin Brest. Beverly hills cop; Scent of a woman; Meet Joe Black) que j’ai trouvé nettement meilleur, car toujours aussi d’actualité et d’un meilleur dosage drame/comédie. 2- Voir évoluer des acteurs de talent dans leur élément (Michael Caine, Morgan Freeman et Alan Arkin pour la plus récente version. George Burns, Art Carney et Lee Strasberg pour la première. Oui, oui! LE Lee Strasberg de l’école de théâtre…) La version 2017 n’a gardé que la base de l’histoire de l’auteur Edward Cannon et le scénariste Theodore Melfi n’a pas osé aller à fond sur les questions pertinentes que les textes de Brest, en ’79, mettaient de l’avant, c’est-à-dire le respect du 3e âge, l’économie précaire, la morosité d’une existence en déclin, la fraternité… Melfi touche à tout ça, mais timidement! Quant à l’acteur Zach Braff, réalisateur pour l’occasion (Garden state; Wish I was here), j’ai senti une gêne ou un recul face à autant de talents, sa direction d’acteurs étant peu convaincante. Une chance que Caine, Freeman et Arkin sont expérimentés et qu’ils avaient déjà une chimie hors caméra, car le film aurait été des plus ennuyeux. Par contre, le trio de 1979 était très convaincant. Burns mène le bal avec aplomb et sobriété et ses seconds font le reste avec brio. La vieille version gagne le petit combat de coqs pour l’ensemble de l’expérience (comme c’est souvent le cas dans le genre d’exercice de revamp d’œuvres établies). Je vous conseille de commencer par celui-ci avant, mais ne bouder pas la nouvelle mouture, la distribution est tout de même bonne (évidemment, tsé, en voyant les noms…) 2.5/5 (2017) 3/5 min. (1979) par François Gauthier cinemascope@deltar.net
KINGU KONGU TAI GOJIRA/KING KONG VS. GODZILLA (1962)
55 ans plus tard, on a-tu rien inventé, nous autres, là?! C’est présentement le branle-bas de combat pour créer l’euphorie d’une rencontre épique entre deux des plus iconiques monstres du 7e (le 1er Godzilla de cette future saga est sorti en 2014 et le 2e verra le jour en 2019, pendant que le gorille est sorti plus tôt cette année pour ensuite aller faire « chummie-chummie » en 2020.) Les Japonais avaient déjà compris l’importance de ces « bibittes » et en date d’aujourd’hui, la version de 1962 (et la version américaine de 1963) est le plus grand succès commercial de Godzilla, soit 12.5M d’entrées. D’ailleurs, en passant, c’est la version américaine que j’ai regardée, avec un montage de journalistes studio commentant les actions nippones. Du grand n’importe quoi!!! Le but initial du projet était d’infantiliser les deux créatures pour attirer un max de spectateurs, donc les familles! Mais même là, ‘faut vraiment avoir l’esprit ouvert pour regarder deux gars en costumes débiles se taper dessus au travers de maquettes. J’admets que les Japonais avaient des doigts de fées, leurs décors miniatures sont réussis (sauf peut-être les petits tanks téléguidés tout « cute » tout plein!!!! Bonjour crédibilité…), mais cela n’aide pas à la concentration. Et la distribution est caricaturale au possible, mais genre trop!!! Ya une couple d’acteurs qui auraient mérité un coup de 2X4 dans l’front, bandes de fatigants!! Honnêtement, je l’ai regardé à cause du buzz susmentionné et pour voir à quoi ça ressemblait dans le temps, mais à moins d’être un irréductible de King Kong ou Godzilla (donc, vous l’auriez déjà vu!?!), courez, courez le plus vite possible pour ne pas mourir d’ennui. « It’s a comical mess » même pas drôle! 2.5/5 (pour les maquettes et la pieuvre mangeuse d’hommes au effets sonores amplifiés de déglutition. Slurp, slurp, slurp!!!) par François Gauthier cinemascope@deltar.net
THEY LIVE/INVASION LOS ANGELES (1988)
Ma plus jeune fille Laurence a une fascination pour les films d’horreur et comme je suis un bon père de famille, je me suis donné comme mission de bien l’éduquer. Je lui ai donc fait quelques suggestions (the Exorcist; Texas chainsaw massacre; Jaws; a Nightmare on Elm street; Friday the 13th; the Grudge…) et elle s’est arrêtée sur Halloween. Bon choix! Ensuite, ce fut Halloween II. Une fois couchée dans mon lit (car elle ne voulait étrangement pas dormir dans sa chambre au sous-sol. J’sais pas pourquoi………), j’étais dans un « mood » Carpenter. Qu’est-ce que je pourrais revoir du maitre de l’horreur (Avec Argento, Landis et Craven, John Carpenter est incontestablement une sommité en la matière!) et je décidai de regarder They live. Bon Dieu, quel bon film! Sûrement l’œuvre la plus personnelle du cinéaste. Je me suis d’ailleurs rendu compte que je ne l’avais jamais vraiment vu, juste des brides de scènes et que je le mêlais avec une autre production de la même période, Alien nation. Basé sur un court roman de Ray Nelson (Eight o’clock in the morning), le scénariste Frank Armitage aka John Carpenter (un pseudonyme) lance des messages clairs sur la surconsommation, la condescendance des gouvernements, le contrôle des médias et l’inégalité des classes. Il marie le tout avec une bonne dose d’action, une musique plus recherchée (les pièces furent coécrites avec son fidèle collaborateur de l’époque, Alan Howarth) et d’effets visuels réussis (surtout les maquillages) et parvient à faire passer le lutteur Roddy Piper pour un acteur. Presque du génie! Ce n’est pas son meilleur film, car on a connu le réalisateur de Assault on precinct 13, the Thing et Escape from New York plus concis, minutieux. Mais je ne crois sincèrement pas que Carpenter voulait être subtil, il avait une crotte sur le cœur et il l’a peinturé sur grand écran. « Quin toé! » C’est d’ailleurs à cause de ce film que Carpenter fut gentiment laissé de côté un temps (On comprend pourquoi au visionnement!?!!) et qu’il nous « gratifia » d’une désolante comédie pour revenir dans les bonnes grâces d’Hollywood (Memoirs of a invisible man. 1992). Ensuite, il ne fut plus le même, In the mouth of madness (1994) étant, selon moi, son dernier coup de génie. Mais ça n’empêche pas que Carpenter ait élevé les standards de plusieurs genres (horreur, fantastique, science-fiction), les mixant souvent ensemble pour des œuvres plus denses. They live est digne de sa filmographie! 3.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
JOE (1970)
Mon Dieu, si ce n’était de l’atmosphère d’amateurisme qui plane sur Joe, on regarderait un film encore très d’actualité sur les thèmes du racisme, du sexisme, de la politique, des classes sociales et j’en oublie. Mais ce film, qui mit le cinéaste John G. Avildsen sur la map ciné, fait bien de son temps. Une vraie tranche de « peace & love »! Personnellement, j’ai réussi à passer au travers des nombreux défauts artistiques (jeu d’acteurs secondaires; montage elliptique; musique appuyée; histoire décousue), car on assiste avec cette production à un message clair sur le grand mal qui rongeait (et ronge encore) le peuple nord-américain. Une chance que le film puisse compter sur Peter Boyle en xénophobe avoué (le fameux Joe du film) et sur le méconnu Dennis Patrick (sa carrière fut plus télévisuelle). Ce duo dépareillé amène bien les textes du scénariste Norman Wexler (Serpico; Saturday night fever; Staying alive; Raw deal… Mouais pour le dernier!!!!!!), dont c’était la première expérience (il fut d’ailleurs nominé aux Oscars, la seule nomination du film!) On y voit aussi la première performance d’une jeune Susan Sarandon sans gêne (Aweille, toute nue dans le bain!!!) Mais avant tout, je voulais visionner un film obscur du cinéaste des classiques Rocky, la trilogie Karate kid, Save the tiger. L’artiste vient de nous quitter à l’âge de 81 ans. L’homme a bercé un grand nombre de spectateurs avec ces productions et mettait en scène, la plupart du temps, des perdants sympathiques qui, à force d’efforts, réussissaient. Ses deux derniers films furent tournés en 1992 et en 1994 (Power of one et 8 seconds) et encore là, on assistait à des productions poignantes, emplies d’humanisme. R.I.P. John « Rocky kid » G. Avildsen! Quant à Joe, il faut avoir la fibre cinéphilique pour le regarder, un conseil comme ça…. 3.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
ZARDOZ (1974)
On peut écrire une certitude concernant cette chose nommée Zardoz, c’est que Sean Connery voulait vraiment se distancer du personnage qui l’a rendu célèbre et vice-versa, c’est-à-dire James Bond. Quelle étrange fiction que cette production de John Boorman (le cinéaste avait initialement refusé l’offre de tourner l’Exorciste II pour réaliser ceci, mais s’est tout de même décidé à tourner la suite du mythique film d’horreur, après les critiques mitigées sur Zardoz. HAHAHAHAH!!!! J’pense qu’il aurait voulu s’envoler avec ses sauterelles africaines après « l’écoeuranterie » de the Heretic. Lire critiques de l’Exorciste II et III. En tout cas…) Zardoz est l’allégorie d’un futur où humains pauvres d’esprit et immortels scientifiques se confrontent et doivent cohabiter, mais le scénario de Boorman est tellement intello, froid, figé et symboliquement niais que l’ensemble en devient risible (si ce n’est incompréhensible!?!) Sans parler des effets spéciaux assez, soyons poli, ordinaires (la tête flottante d’une statue? HAHAHAHA…) Pis je vais même vous révéler le « pas mal » seul punch du film : Zardoz est la compression des mots Wizard of Oz, le livre de L. Frank Baum dont s’est inspiré le cinéaste anglais pour son film. N’importe quoi!!! Les déclinantes années « peace & love » ont brouillé les esprits de Boorman et de Connery qui ont regretté tous deux cette première incursion dans la science-fiction (le réalisateur n’y est jamais retourné. Quant à Connery, il n’a juste pas compris : Meteor, the Avengers, League of extraordinary gentlemen, Outland étant le moins pire de la gang!) Vous voulez un exemple des effets néfastes de la drogue sur le cerveau? Ben, regardez Zardoz et vous allez dire non au Premier ministre Trudeau pour l’implantation de la loi sur le cannabis. HAHAHHAHA…. Zardoz est une bulle qui n’aurait jamais dû péter, mais maintenant, ça a dégouliné sur la filmographie de tous les artistes ayant eu contact avec (Beurk! J’me sens sale tout d’un coup?!!!) On oublie et on recommence…. 2.5/5 (le 0.5, c’est parce que je me suis tout de même amusé à regarder Sean Connery en bobette rouge à bretelles. Méchant costume « lette à ch*er », ouille!!!) par François Gauthier cinemascope@deltar.net
THE DRIVER (1977)
Woah! Je ne l’ai pas vu venir, celle-là!! Même quarante ans plus tard, il y a des films qui sont encore capable de me surprendre. Pourquoi ne l’avais-je jamais vu avant, allez savoir?!!? On connait tous la réputation du film Bullitt, avec Steve McQueen (1968). Une production policière enlevée, aux poursuites effrénées dans un San Francisco « peace & love », mais peu connaissent le film Driver, dans la même veine. J’écrirais même encore plus rythmé!! Deuxième production tournée par Walter Hill (qui travaillait en tant que second assistant réalisateur sur Bullitt et qui a écrit Guet-apens quatre ans plus tard pour le même McQueen), Driver se veut l’archétype du film-poursuite, avec un héros de peu de mots, 350 pour être exact (Ryan O’Neal) et un policier plus que tenace (Bruce Dern). Appuyant les clichés d’usage, Hill réussit à rendre intelligemment compliquée une histoire très simple, seulement par l’utilisation du montage et d’un scénario concis. De plus, pour schématiser encore plus les choses, le cinéaste ne personnalise aucun de ses rôles clés. On a droit au « chauffeur », au « policier » et à la « joueuse » (interprétée par une jeune Isabelle Adjani, qui regretta ce choix artistique par la suite, croyant avoir ruiné ses chances à Hollywood avec ce flop!) Car oui, the Driver n’attira pas les foules, les noms au générique n’étant pas très banquables. Le réalisateur avait écrit le film pour McQueen qui le refusa, car tanné des « films de chars », puis à Charles Bronson, avec qui il tourna son premier film (le Bagarreur). Mais ce dernier était choqué après Hill pour le montage subi à sa partenaire de jeu Jill Ireland dans Hard times. Même Stallone fut sollicité, mais l’acteur était trop occupé sur F.I.S.T. Mais personnellement, je crois que ce fut pour la bonne cause, car Walter Hill tourna le film qu’il voulait sans restriction de vedette. Un film signature! Avec les cascades de voitures, il y a aussi le texte écrit par le cinéaste et une photographie froidement appuyée de Philip Lathrop (surtout dans les stationnements). Mais les séquences de voitures… Ayoye! Pour l’époque ET encore aujourd’hui, les cascades sont fantastiques. Pas de flafla (ralenti ou reprise d’angles). Non, seulement des scènes de tortures de voitures et un O’Neal monolithique derrière le volant (il n’a pas de « punchlines, comme ce fut trop souvent le cas dans les films d’action des années ’80). Comme si Hill nous annonçait qu’il tournait un « film phare » pour les générations futures. Quand je parle de films méconnus qui frappa l’imagination d’une clique de cinéastes (dont Tarantino et Edgar Wright), the Driver est l’exemple parfait. Grâce à ce film. Walter Hill eut encore plus de latitude par la suite, autant en tant que scénariste, réalisateur et producteur : the Warriors, Long riders, 48 hours, Alien 1-2-3, Streets of fire, Red heat… Un cinéaste qui façonna la génération X! 4/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
THE LONG RIDERS/LE GANG DES FRÈRES JAMES (1980)
Premier film que Walter Hill n’a que tourné (quoiqu’il ait touché au scénario sans en être crédité), the Long riders est le premier d’une longue liste de la filmographie du cinéaste touchant au western, un genre qu’il adore, allant même jusqu’à le transposer dans ses productions plus actuelles (the Warriors, Street of fire, Trespass, Last man standing, Southern confort, Bullet to the head). Malheureusement, sa signature se fait moins sentir ici, même dans sa caméra. Répliques souvent vides; plusieurs plans statiques; rythme inégal; … the Long riders peine à mettre sur un piédestal le monument que furent les frères Jesse et Frank James. Était-ce le but recherché? Étant coécrit par les deux vedettes principales (les frères James et Stacy Keach, aidés de Bill Bryden et Steven Smith), l’histoire sur papier se voulait sûrement plus « honorable » que le produit final. Est-ce que Hill tentait de ramener l’histoire au ras des pâquerettes (car certaines séquences plus enlevées le démontrent), on ne pourrait le certifier à 100%. Mais cela donne un western mi-figue, mi-raisin. Trop théâtral, mais à l’action (quand il y en a) poignante. The Long riders a marqué l’imaginaire collectif de l’époque, non pas juste pour sa violence crue, mais surtout pour la distribution « familiale ». Que de véritables frères qui incarnent le célèbre gang de l’Ouest : les Carradine (Keith, Robert et David, ce dernier étant le meilleur acteur du groupe entier. Nettement!!!), les Keach susmentionnés, les Quaid (le pas encore fou Randy et le prépubère Dennis, haha!!) et les Guest (le maintenant renommé Christopher et son frère Nicholas, au succès, euh??!! vocal.) J’admets que le film a un « plus value » avec cette approche, surtout pour le cinéphile que je suis, mais l’ensemble de la production a terriblement mal vieilli. N’est pas Eastwood ou Ford qui veut! Mais peu ont la plume de Hill, par exemple, ce qui fait la renommée de ses productions… Aaahhh! La concision de 48 hours ou la chimie de Red heat. Sans oublier l’excellence de Getaway. Celui de 1972, pas lui de ’94 avec le couple du temps Baldwin/Basinger. Non, le couple McQueen/McGraw avait plus de panache. Mais je m’épivarde… The Long riders se regarde distraitement. 3/5 max. par François Gauthier cinemascope@deltar.net
MAGNUM FORCE (1973) - THE ENFORCER/L’INSPECTEUR NE RENONCE JAMAIS (1976)
Dirty Harry s’est révélé la représentation moderne du cowboy solitaire dans un monde en plein bouleversement socio-politique. Le Vietnam, les tensions raciales, les religions remises en question, autant de positions que les scénaristes H.J. Fink, R.M. Fink et Dean Riesner ont mis sur papier (à partir d’ébauches des chevronnés Terrence Malick et John Milius). Une partie de la population américaine s’étant reconnue dans ce justicier en marge du système, faisant de Dirty Harry un des plus gros succès de 1971, il était entendu qu’Hollywood en profite. Mais on est en 1973 et les suites à succès ne sont pas monnaie courante. Par contre, les studios avaient encore une certaine notoriété artistique et voyaient en le cinéma un moyen de lancer des messages, qu’il soit légitime ou non. Magnum force eu le culot d’aller au creux de la polémique d’un tel personnage, soit un homme faisant sa propre justice. Harry Callahan est un homme de loi et le scénario de cette suite (écrit par les talentueux Michael Cimino et John Milius) s’attaquait à ses convictions et aux limites à ne pas franchir. Des policiers au-dessus des lois massacrent des mafieux, des dealers et des proxénètes, alors que Callahan cherche les responsables. Magnum force porte bien son titre et alimenta merveilleusement le mythe qu’est devenu Dirty Harry. Évidemment, il faut féliciter l’acteur qui modela l’archétype du policier enragé, mais calme, dont la devise était essentiellement « l’attaque est la meilleure défense. » Battant le fer pendant qu’il était chaud, Warner bros. mis sur les rails une troisième aventure d’Harry en demandant à un des trois scénaristes initiaux, Dean Riesner, de recopier le succès des précédentes enquêtes. Malgré l’aide qu’il eut de la part de Stirling Silliphant (créateur de films catastrophe tel la Tour infernale et le Poséidon), Riesner n’est pas parvenu à approfondir un personnage devenu icône et the Enforcer ressemblera plus à un épisode des Rues de San Francisco (dont la série-télé s’était carrément inspirée de. Paradoxal? Non, juste lamentable.) Après la question raciale et la question corruption, le scénario s’attaquait sans grand effort au féminisme en mettant en vedette une acolyte policière recrue (Tyne Daly avait refusé l’offre à trois reprises avant d’accepter… Depuis, elle fut cataloguée!) Le travail du pote à Eastwood, James Fargo, manquait beaucoup de peaufinement, mais on ne peut lui en vouloir, car l’acteur vedette commençait à tirer énormément les ficelles de la production, mais ne pouvait prendre la chaise de réalisateur à part entière, parce qu’il travaillait déjà sur un western (the Outlaw Josey Wales). On voit où furent mis les efforts… À partir de Enforcer, le personnage deviendra une copie de lui-même. Mais c’est tout de même grâce à Dirty Harry et Magnum force que ce genre de rôle pris de l’ampleur, parlez-en à Charles Bronson et Chuck Norris!!!!!!!!!!!! Un personnage culte, oui. Des productions classiques, seulement les deux premiers. Mais surtout des répliques cultes : « Do I feel lucky? Well, do ya, punk? »; « A man’s GOT to know his limitations. »; « Go ahead, make my day. »; « You’re shit outta luck. » Et encore plus, mais pas une dans the Enforcer… 3.5/5 et 2.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
LAST EMBRACE/MEURTRES EN CASCADE (1979)
Avec l’annonce récente de la mort du cinéaste Jonathan Demme, je me suis donné comme mission de voir une œuvre autre que celles qui l’ont mis sur la map, soit the Silence of the lambs et Philadelphia (surtout qu’il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent ces temps-ci!!!) Après mûres réflexions, je me demande si l’homme, sans vouloir dénigrer lesdites productions, ne fut pas juste chanceux de tomber sur celles-ci! Avant Silence… et Philadelphia, Demme n’avait tourné que des vidéoclips et d’oubliables, mais divertissantes comédies (Swing shift; Something wild; Married to the mob; Melvin and Howard). Et c’est là que j’ai vu quelque chose de différent : un hommage volontaire à Alfred Hitchcock, Last embrace. Mais même si l’histoire, basée sur le roman the 13th man de Murray Teigh Bloom, rappelle les synopsis tordus du maitre du suspense et que plusieurs détails visuels nous ramènent à des scènes cultes (pleins d’oiseaux; le toit d’une église en plongée; un message codé; etc…), le travail du cinéaste de 35 ans à cette époque manque de finition. Demme cherche à reproduire la caméra subtile d’Hitchcock, mais s’échappe régulièrement avec des plans inutiles (surtout de ralenti) et manque de poigne avec sa distribution. Peut-être est-ce son jeune âge et l’égo de certains acteurs (Scheider avait les succès Jaws derrière la cravate et Christopher Walken, un oscar pour the Deer hunter), mais la chimie entre les comédiens est inopérante. Sans parler de Janet Margolin, une actrice de télé qui semblait compter que sur sa beauté pour percer, ses seuls faits d’arme notables étant deux productions de Woody Allen, dont on connait la réputation scénaristique. Dans Last embrace, Demme n’a pas su jouer avec cette « beauté » pour instaurer une tension sexuelle qui aurait amener le film à un autre niveau dramatique. En gros, Meurtres en cascade fait de nombreux et savoureux clins d’œil à Hitchcock, mais peine à convaincre de sa propre identité. Oubliable, comme ses comédies « eighties »!! On se souviendra du réalisateur comme l’artiste à la quintuple couronne aux Oscars (Pour Silence of the lambs, tsé, voyons!!! Vous savez? Meilleur film, acteur, actrice, réalisateur et scénario. Exploit que seuls Vol au-dessus d’un nid de coucou en 1975 et New York-Miami en 1934 ont réussi.) Beuh! J’suis mal tombé ce coup-ci, finalement… 2.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
BLAZZING SADDLES/LE SHÉRIF EST EN PRISON (1974)
Quand je suis revenu de l’ombre (ben quoi?!), j’ai écrit que je m’attarderais aux « classiques » obscurs, oubliés. Mon interrogation est la suivante : est-ce que Blazzing saddles de Mel Brooks est obscure ou un véritable classique de la comédie? Évidemment, pour les besoins de la rafale (et mon plaisir personnel), j’écrirai que cette comédie est oubliée, de deuxième zone (NON! Pas à ce point!!) J’vais être honnête : je crois que Blazzing saddles est, avec Frankenstein junior, le meilleur travail du réalisateur juif (on a tous apprécié Spaceballs, mais ce film était un peu plus « facile », mettons, que les deux susmentionnés.) Avec cette production, Brooks s’attaquait avec véhémence et parfois mauvais goût (mais jamais sous la ceinture) au racisme, au sexisme, à la politique et au mercantilisme (des thèmes qu’il a souligné à travers sa filmographie complète, avec plus ou moins de tact). Blazzing saddles est une parodie de western avec une distribution en feu. Malgré le fait que Cleavon Little n’a jamais réellement percé, il était l’incarnation parfaite d’un Sidney Poitier se riant de lui-même. Le regretté Gene Wilder, comique avant-gardiste, ne surjouant jamais, laissait toute la place aux textes déjantés de Brooks, Richard Pryor (oui, oui! Le comédien), Norman Steinberg, Andrew Bergman et Alan Uger. En fait, Brooks a toujours eu sa clique qui l’ont suivi pour notre plus grand plaisir et on assiste, avec Blazzing…, à la meilleure performance du comédien Harvey Korman en vilain de service. Son détachement, son flegme, ses mimiques cyniques font mon régal. En frais de comédies, le Shérif est en prison fait partie de mes irréductibles. Je ne me lasse jamais de voir évoluer ce western débile!!! Reregardez-le, c’n’est pas encore de l’humour de bas étape, style pipi-caca-poil, qu’Hollywood nous gratifie trop ces derniers temps! 4/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
GHOST IN THE SHELL (1995)
Comme Akira et la majorité des productions Ghibli, l’adaptation de l’œuvre de Shirow Masamune au cinéma fait irrémédiablement partie de la « top list » des amateurs de manga de qualité (dont je fais évidemment parti. Hihi!!) Le film de Mamoru Oshii est une ode à l’esprit humain et pose de grandes questions existentielles (à la Blade runner, mettons!) sur le droit à la Vie? Qu’est-ce que la Vie? La Vie? Le tout enrobé d’images futuristes détaillées et de musique planante (de Kenji Kawai, dont j’ai la trame sonore depuis déjà vingt ans. Quand j’vous disais que j’suis fan!!!) J’ai revisionné ce classique manga à cause de la sortie en salle de sa version « réaliste » avec Scarlett Johansson et je vous conseille fortement, si ce n’est pas déjà fait, de regarder auparavant l’œuvre animé pour vous donner une véritable idée de la beauté du travail des artistes nippons. L’impressionnant mélange d’action et d’idéologie fait de Ghost in the shell une production qui peut se targuer de faire la barbe à beaucoup de drames psychologiques, toute nationalité confondue. Un travail d’orfèvre en 2D en plus!!! P.S. : C’est un film pour adultes à cause de certaines scènes de violence graphique. Pas à cause du sexe, dont on connait l’écœurante déviance des Japonais. Rien ne les choque ou plutôt ils adorent choquer!!!!!! Eurk… Mais pas dans Ghost…, c’est « top class!!! » 4.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net
THE MUPPET MOVIE/LES MUPPETS : ÇA, C’EST DU CINÉMA! (1979)
THE GREAT MUPPET CAPER/LA GRANDE AVENTURE DES MUPPETS (1981)
J’vais faire une histoire courte, enfin, j’vais essayer! Dans un de mes rares moments de tranquillité, une bulle a explosé : pourquoi n’a-t-on pas encore eu la chance de voir la suite du succès surprise de 2012 les Muppets, soit Muppets most wanted (2014)? Sachant pertinemment que ce n’était pas bonne augure, je me mis tout de même en mission de voir cette nouvelle aventure mettant en vedette Kermit, miss Piggy, Fozzie, Gonzo et le reste de la troupe (...) Maintenant, je sais et ne m’attarderai pas davantage. Donc, pour effacer cette désagréable expérience OPC, je recherchai LE film des Muppets. Celui qui se détache du lot. LA révélation. Eh bien, ‘faut croire que pour un fan de la série-télé comme moi, j’n’en ai pas vu une barge, de leurs productions cinématographiques!!!! Mais la plupart des commentaires révélaient que the Muppet movie et the Great muppet caper étaient les meilleures aventures au grand écran des marionnettes et je leur donne ab-so-lu-ment raison (J’avais, par contre, un vague souvenir du 1er!) C’était la belle époque où l’humour était encore sensiblement simple, bien intégré, déconnant et absurde. Des marionnettes vivant des aventures au travers d’humains sans que ceux-ci bronchent, déjà, c’est « priceless »!! Avec, en plus, de délicieux caméos. Pour l’amateur de cinéma que je suis, c’est la cerise. Mais encore!! Le plus fantastique est la tangibilité du moment. Tout ce qui se passe à l’écran se passe à l’écran. Si ce n’est d’une séquence ou deux sur les deux productions, tout est fait par les marionnettistes dirigés de main de maître par le maître (justement!), Jim Henson. Moi, voir Kermit faire du bicycle, ça me tue. D’accord, ça n’a pas l’air vrai, mais merde, yen fait-tu ou yen fait pas, du bicycle??!! Chapeau. Et ce n’est qu’un minuscule exemple parmi tant d’autres. Les Muppets ont conduit. Les Muppets ont dansé. Les Muppets ont marché… Et si ce n’était que l’aspect technique. L’histoire (surtout du 1er film) est superbement allégorique de la représentation de la Vie au travers la caméra et Henson le savait (vu que c’est pas mal inspiré de la sienne). Chaque intro nous présente le groupe se sachant dans un film pour présenter leur film. Comme Kermit (voix de Henson) le dit si bien : « la Vie est comme le cinéma. Écrivez votre propre fin. » Des marionnettes à la poursuite de leurs rêves, n’est-ce pas la morale idéale à montrer à tous jeunes, petits et grands? Ces deux productions, malgré leur rythme plus lent, peuvent faire la barbe à beaucoup, j’écris bien BEAUCOUP de films animés de l’ère numérique. J’en écrirais encore longtemps, mais j’ai mentionné que je voulais faire une histoire courte. Bravo à moi, grand champion. Misère!! Ben, merde!? J’pense que je me retape « drette là » le premier, grand bébé que je suis…………… 4/5 aux deux! Par François Gauthier cinemascope@deltar.net
THE LION IN WINTER/LE LION EN HIVER (1968)
Peter O’Toole fut damné! Le vénérable acteur, décédé en 2013, eut une moyenne au bâton de 0 en 8 nominations. L’Académie s’est excusé de « ces vols » en 2003 en lui décernant un oscar honorifique pour l’ensemble de sa brillante carrière, mais jamais il n’eut droit à la véritable consécration. De Laurence d’Arabie (j’n’ai pas encore vu la performance de Gregory Peck dans To kill a mockingbird. Ça viendra assurément!) à the Ruling class en passant par Venus et Becket, le Britannique a mis son empreinte indélébile dans la pellicule du firmament. The Lion in winter fut sûrement sa plus grande déception. J’ai rarement vu aussi imprégné, investi que cette performance. Interprétant le roi Henry II une 2e fois (Becket en 1964), O’Toole fait face à une Katherine Hepburn faisant feu de tout bois (elle a d’ailleurs gagné l’Oscar de la meilleure actrice une seconde année d’affilée, fait extrêmement rare, mais mérité!), mais l’acteur lui tient tête avec panache et assurance. Il faut dire que les textes de James Goldman (adapté de sa propre pièce) sont d’une concise et pénétrante assiduité. De plus, la réalisation d’Anthony Harvey, quoique quelque peu anonyme, permet à la distribution toute latitude (sans compter, qu’enfin, la production délaissait le côté théâtral du moyen-âge pour épouser une atmosphère plus réaliste, plus « sale »!) The Lion in winter se regarde ET s’écoute encore comme une pièce de théâtre, mais dans des décors naturels, avec des acteurs naturels. Les mots « sonnent » plus vrais!!! Un véritable bijou oublié. DÉ-LI-CI-EUX!!! 4/5 min. par François Gauthier cinemascope@deltar.net
TERMS OF ENDEARMENT/TENDRES PASSIONS (1983)
C’est (presque) un exceptionnel concours de circonstances si j’ai décidé de voir Terms of endearment. Lorsque j’appris que Jack « is the man » Nicholson sortait de sa retraite pour un remake du film allemand Toni Erdmann, ç’a fait : « YEEEEESSSSS!!! He’s coming back!! » Nicholson est pour moi un des derniers grands bonzes de l’âge d’or du 7e et finir sur la note « How do you know » n’était pas à la hauteur de son talent (même s’il avait insufflé un peu de qualité à cette quelconque comédie. Passons…) Je me suis donc mis à penser (ça m’arrive!) quelle était la production que je n’avais encore jamais vu du comédien et en effeuillant sa filmographie, je suis tombé sur Terms of endearment. Ben, ‘gardes donc, toé?! Un film oscarisé avec Jack que je n’ai pas vu? Diantre, j’y cours de ce pas! (Suspense) WTF? L’année 1983 devait terriblement être pauvre pour que cette comédie douce-amère gagne autant de prix (5). Sans rien enlever aux performances de Shirley MacLaine et Nicholson, honnêtes sans plus (même pour Jack qui ne méritait pas tant. Oui, oui! Vous avez bien lu. Il a déjà fait nettement mieux et n’a pas gagné pour autant!), Tendres passions n’en soulève pas vraiment. D’la passion, tsé!!! Première de quatre collaborations entre l’acteur et le réalisateur-scénariste James L. Brooks, on sent que ce dernier cherche à maitriser les rouages du métier et son approche est un peu rustre (Évidemment, vu que c’était sa 1ère réalisation, mais quand même…) Le film en soi est correct, mais tout dans la démarche fait placée, orchestrée pour aller chercher l’émotion du spectateur. Personnellement, ça m’a un peu insulté, mais si je me place dans l’époque, je suppose que Brooks était innovateur dans son approche scénaristique, soit insuffler de l’humour à un drame?! J’sais-tu moé? Je cherche le pourquoi du comment du « de quessé »!!! J’ai trouvé que c’était elliptique dans son montage, tant l’espace-temps est peu défini. On avance, on découvre et on subit. La finale est précipitée et mélodramatique, le pourquoi, j’imagine, que l’Académie a aimé… Bah! Pour revenir à l’anecdote, j’appris dans les jours qui suivirent le visionnement qu’Hollywood (via le cinéaste Lee Daniels) avait l’intention de tourner un remake de Terms… avec Oprah Winfrey. Le jar à idées originales commence sérieusement à être vide………………………. Quant au « vainqueur » de ’83, j’aurais choisi the Right stuff ou the Big chill comme meilleur film. Ben coudonc! 3/5 MAX. par François Gauthier cinemascope@deltar.net
MEAN STREETS (1973)
Eh oui! Je l’admets! Étant un grand amateur de Martin Scorsese (je me vantais d’avoir tout vu du célèbre cinéaste américain), Mean streets, LE film qui mis les bases de sa signature (mafia, politique, religion et filiation) m’avait jusqu’à tout récemment échappé. La petite sabbatique que je me suis « imposé » a remis les pendules à l’heure. Quel serait le film qui me ramènerait à l’écriture? Mean streets s’est imposé de soi. Oohh! J’en ai profité pour en voir, des classiques. Une quantité qui m’a fait prendre conscience que le cinéma d’aujourd’hui doit beaucoup à celui d’hier. Vous le verrez dans les prochaines semaines… Ceci dit, le troisième long métrage de l’Italo-Américain (après Who’s that knocking at my door et Boxcar Bertha, deux autres que je n’ai pas vus. Sacrilège!!!) n’a pas la prestance d’un Godfather, ni la légèreté de the Sting, mais a le mérite d’aller directement au but. La violence n’est pas esthétique et les dilemmes moraux ne sont pas théâtraux. La narration alourdit le propos, mais permet à Scorsese d’humaniser des archétypes de personnages qui le suivront dans le futur et, de ce fait, créera une rencontre qui scellera l’histoire du 7e, celle entre le réalisateur et le jeune Robert De Niro (rencontre qui sera cimenté dans le film suivant, Taxi driver. « Hell yeah!!!! ») Avec Mean streets, le cinéma de l’époque prend une nouvelle tangente : le cinéma n’est pas la Vie, mais peut être filmée. La caméra descend au niveau de la rue (les balbutiements du « direct », tel le classique québécois Pour la suite du monde, que Scorsese a adoré. En fait, le cinéaste est un très grand amoureux cinéphile, ce qui se sent à chaque production). C’est dans la distribution que Mean streets manque de conséquence, d’homogénéité avec l’idée que se fait Scorsese du nouveau cinéma. Malgré le fait qu’Harvey Keitel soit un excellent acteur, son jeu manque de constance, tout comme son partenaire dans le crime Richard Romanus. Le quatuor est heureusement affublé d’un De Niro explosif et d’un jeune robuste tenancier, David Proval (sa première performance. Solide!) Le groupe ainsi écrit par Mardik Martin et Scorsese (d’après sa propre histoire) va au-delà du simple film de gangsters, c’est la camaraderie fragilisée par les obstacles de la « rue », d’où le titre Mean streets. Je n’irai pas jusqu’à écrire que c’est un classique du genre, mais démontre que le réalisateur avait le doigté pour aller loin et il le fit d’admirable façon. Si vous avez aimé Goodfellas (LA référence mafieuse, avec le Parrain bien sûr!), Casino, Gangs of New York, Taxi driver, … Mean streets est la racine de ceux-ci. 3.5/5 par François Gauthier cinemascope@deltar.net |